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Suicide à l’hôpital : il faut agir
mercredi 6 janvier 2016

La CPH a pris connaissance des circonstances tragiques qui ont conduit notre collègue le Pr Jean-Louis Megnien à commettre l’irréparable. Nos pensées vont d’abord à sa famille et à ses proches touchés par cette disparition brutale.

Malheureusement, celle-ci était prévisible et sans doute évitable. Elle pose crûment la question du management à l’hôpital.

Depuis plusieurs années, les organisations syndicales de praticien hospitalier alertent les pouvoirs publics sur la dégradation des conditions de travail des personnels médicaux et pharmaceutiques, et l’absence d’écoute et de prévention concernant la souffrance au travail. Les cas de harcèlement ne cessent d’augmenter et nos organisations doivent intervenir constamment pour aider des collègues mis en difficulté par la hiérarchie médico-administrative.

Ces difficultés se sont nettement aggravées depuis la mise en œuvre de la Tarification à l’activité et de la gouvernance HPST qui ont accru la pression sur les équipes. Depuis 2012, le seul point positif a été la réactivation des Commissions régionales paritaires mais leurs moyens juridiques et humains sont beaucoup trop limités pour traiter les nombreuses situations parfois dramatiques qui sont portées à la connaissance des organisations syndicales.

Dans ce contexte dramatique, le directoire de l’AP-HP a publié le 4 janvier 2016 un plan d’actions visant à prévenir et traiter ces situations. Les mesures proposées ne nous surprennent pas car elles reprennent pour une très large part celles que les organisations syndicales de praticien hospitalier réclament à cor et à cri concernant la gouvernance des hôpitaux, en particulier celles concernant la nomination et l’évaluation des chefs de service, notamment pour leurs qualités managériales.

Concernant la détection et le traitement des situations conflictuelles, la CPH considère qu’une mesure absolument essentielle manque dans le dispositif proposé : la désignation d’un représentant syndical des praticiens hospitaliers au sein des CHSCT. Sans cela, toutes les mesures palliatives qui peuvent être proposées n’auront pas l’efficacité nécessaire pour prévenir d’autres drames. Seuls les représentants syndicaux des praticiens hospitaliers ont la légitimité pour défendre les intérêts individuels des médecins, pharmaciens et odontologistes hospitaliers face aux intérêts collectifs de l’établissement.

La CPH appelle les pouvoirs publics à une refonte de la gouvernance hospitalière afin que les personnels puissent retrouver la sérénité dans leur travail, dans le cadre d’un management où toutes les voix pourront s’exprimer. Cet enjeu est d’autant plus important que l’hôpital public est à la veille de restructurations importantes dans le cadre des Groupements hospitaliers de territoire. Si ces restructurations se font sans respect de la situation individuelle des praticiens, les drames vont se multiplier.

Jacques Trévidic
Président de la CPH



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