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La CPH et l’INPH accusent le gouvernement de faire le jeu du privé
lundi 16 juin 2008

Panorama du médecin – Supplément au n° 5107 du 16 juin 2008

Les deux intersyndicats critiquent de nombreuses mesures en préparation qui risquent, selon eu, de détourner les médecins des hôpitaux publics.

Qu’il s’agisse de la directive européenne sur le temps de travail, de certains aspects de la réforme hospitalière en cours de préparation, du statut des médecins à temps partiel ou de la retraite complémentaire des praticiens hospitaliers, la Confédération des Praticiens Hospitaliers (CPH) et l’Intersyndicat National des Praticiens Hospitaliers (INPH) n’ont pas de mots assez durs pour condamner la politique hospitalières du gouvernement.

Décrivant le contexte général de la politique hospitalière, le Dr Rachel Bocher, président de l’INPH, a affirmé lors d’une conférence de presse commune aux syndicats que « les missions des hospitaliers sont en constante augmentation », notamment en matière de soins non programmés, de prise en charge de la précarité ou des polypathologies sans que pour autant « les moyens financiers et humains soient mobilisés ». La présidente de l’INPH accuse Roselyne Bachelot, ministre de la santé, de mettre en œuvre une politique « du tout libéral […] en provenance de l’Elysée ». En agissant de la sorte, en affaiblissant l’hôpital public, souligne en substance Rachel Bocher, « on remet les clés d’une partie du système de santé dans les mains des fonds de pension américains » (ndlr : qui investissent en France dans l’hospitalisation privée). Analyse partagée par Pierre Faraggi, président de la CPH, pour qui « la santé est une affaire trop sérieuse pour être livrée au marché et à la concurrence ».

Au-delà de ce procès en libéralisme, les deux intersyndicats dénoncent, entre autres, les mesures concernant la gouvernance prévues dans le cadre de la réforme hospitalière en préparation. « Nous ne sommes pas en manque de réformes, souligne Pierre Faraggi, à mettre l’hôpital en ébullition, en révolution permanente, on désorganise nos équipes ». Autre projet critiqué : celui qui consiste à laisser aux praticiens hospitaliers le choix entre trois possibilités (le cadre statutaire actuel, un cadre statutaire aménagé, comprenant une part fixe de rémunération associée à une définie en fonction de différents objectifs et de différentes activités, et un cadre contractuel). La création d’un cadre contractuel inciterait les praticiens à délaisser l’hôpital, estime le président de la CPH, dans la mesure où les établissements publics ne seront jamais en mesure d’offrir à ces contractuels des conditions comparables à celles proposées par les cliniques. Plus grave encore pour les deux syndicats : le statut de contractuel porte en germe « la perte de l’indépendance du praticien hospitalier ».

L’INPH et la CPH seront reçus au ministère de la santé cette semaine, en même temps que les deux autres organisations de praticiens hospitaliers (la Coordination Médicale Hospitalière et le Syndicat National des Médecins des Hôpitaux Publics), dans le cadre de la concertation sur la réforme hospitalière.

Les deux syndicats ont indiqué qu’ils participeraient également cette semaine à une journée d’action et de sensibilisation sur la pénibilité au travail.

BK



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