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Praticiens hospitaliers : la CPH et l´Inph étrillent la politique gouvernementale
jeudi 12 juin 2008

B.K - Egora le 11 juin 2008

Qu´il agisse de la directive européenne sur le temps de travail (voir notre dépêche ci-dessous), de certains aspects de la réforme hospitalière en cours de préparation, du statut des médecins à temps partiel ou de la retraite complémentaire des praticiens hospitaliers, la Confédération des praticiens des hôpitaux (CPH) et l´Intersyndicat national des praticiens hospitaliers (Inph) n´ont pas de mots assez durs pour condamner la politique hospitalière du gouvernement.

Décrivant le contexte général de la politique hospitalière, le Dr Rachel Bocher, présidente de l´Inph, a affirmé mercredi lors d´une conférence de presse commune aux deux syndicats que « les missions des hospitaliers sont en constante augmentation », notamment en matière de soins non programmés, de prise en charge de la précarité ou des polypathologies sans que pour autant « les moyens financiers et humains soient mobilisés ». La présidente de l´Inph accuse Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, de mettre en œuvre une politique « du tout libéral (…) en provenance de l´Elysée ». En agissant de la sorte, en affaiblissant l´hôpital public, souligne en substance Rachel Bocher, « on remet les clés d´une partie du système de santé dans les mains des fonds de pensions américains » (ndlr : qui investissent en France dans l´hospitalisation privée). Analyse partagée par Pierre Faraggi, président de la CPH pour qui « la santé est une affaire trop sérieuse pour être livrée au marché et à la concurrence ».

Au-delà de ce procés en libéralisme, les deux intersyndicats dénoncent, entre autres, les mesures concernant la gouvernance des hôpitaux prévues dans le cadre de la réforme hospitalière en préparation. « Nous ne sommes pas en manque de réformes, souligne Pierre Faraggi. A mettre l´hôpital en ébullition, en révolution permanente on désorganise nos équipes ». Autre projet critiqué : celui qui consisterait à laisser aux praticiens hospitaliers le choix entre trois possibilités (le cadre statutaire actuel, un cadre statutaire aménagé comprenant une part fixe de rémunération associée à une part définie en fonction de différents objectifs et de différentes activités, et un cadre contractuel). La création d´un cadre contractuel inciterait les praticiens à délaisser l´hôpital, estime le président de la CPH, dans la mesure où les établissements publics ne seront jamais en mesure d´offrir à ces contractuels des conditions comparables à celles proposées par les cliniques. Plus grave encore pour les deux syndicats : le statut de contractuel porte en germe « la perte de l´indépendance du praticien hospitalier ». C´est la revalorisation du statut actuel de PH et la revalorisation des praticiens assurant la permanence des soins qui permettront, selon le CPH, de renforcer l´attractivité de l´hôpital auprès des jeunes médecins.

Le Dr Faraggi se défend cependant d´être hostile à toute réforme. Il approuve ainsi le principe de la création des agences régionales de santé et il n´est pas opposé « à la création, pourquoi pas, de communautés hospitalières de territoire » pourvu que les hôpitaux publics « demeurent le garant et le pivot du service public ». L´Inph et la CPH seront reçus au ministère de la Santé la semaine prochaine, en même temps que les deux autres organisations de praticiens hospitaliers (la Coordination médicale hospitalière et le Syndicat national des médecins des hôpitaux publics), dans le cadre de la concertation sur la réforme hospitalière.

La CPH et l´Inph s´offusquent également de la non revalorisation « au jour d´aujourd´hui » du statut des praticiens à temps partiel alors que le gouvernement a pris des engagements en la matière. Ils soulignent l´incertitude qui pèse sur leur retraite complémentaire, l´Ircantec, en difficulté et faisant actuellement l´objet de discussions. Une nouvelle réunion est prévue cette semaine au ministère de la Santé sur le dossier qui ne concerne pas que les médecins des hôpitaux mais tous les agents non titulaires de l´Etat.
Les deux syndicats ont indiqué qu´ils participeront également la semaine prochaine à une journée d´action et de sensibilisation sur la pénibilité au travail.

L’INPH et la CPH critiquent l’action du ministère de la santé, notamment le nombre de dossiers non finalisés

PARIS, 11 juin 2008 (APM) - L’Intersyndicat national des praticiens hospitaliers (INPH) et la Confédération des praticiens hospitaliers (CPH) se sont montrés critiques, mercredi lors d’une conférence de presse, sur l’action du ministère de la santé et plus particulièrement sur le nombre de dossiers ouverts qui tardent à être finalisés.

Roselyne Bachelot "multiplie les déclarations d’intention, crée une commission par semaine (...) nous assure qu’elle détient des solutions et qu’elle est très attachée à la qualité du dialogue social" mais son enthousiasme est "certainement à modérer", a déploré la présidente de l’INPH, Rachel Bocher.

"Nous avons cru en son temps à la réalité de l’engagement de Mme Bachelot en faveur de l’hôpital public mais malheureusement, comme bon nombre de ses collègues qui l’ont précédée, Mme Bachelot expédie les affaires courantes assurant au mieux les ordres du tout libéral (...) sans vision cohérente de l’ensemble de nature à rassurer nos légitimes inquiétudes", a-t-elle ajouté.

Rachel Bocher a reconnu les avancées obtenues avec le paiement des jours accumulés dans les comptes épargne temps (CET) et des heures supplémentaires.

Elle a néanmoins déploré "l’absence de hiérarchisation, l’absence de finalisation des dossiers ouverts", ce qui, selon elle, "participe à [la] cacophonie et à l’image floue d’une action ressentie comme non sincère et non transparente".

Parmi les dossiers restant à traiter, Rachel Bocher a évoqué les problèmes financiers des hôpitaux, les retraites, la permanence des soins, la démographie médicale, le statut des praticiens hospitaliers et la formation médicale continue (FMC). Elle s’est également inquiétée de la refonte de la première année de médecine qui, selon elle, correspond à une sélection par l’échec qui risque de "tuer les vocations".

La présidente de l’INPH a tenu à interpeller la ministre de la santé sur "la nécessité d’arrêter cette technique de saucissonnage qui laisse les professionnels en attente, les patients en souffrance et l’équilibre financier toujours aussi improbable".

Alors que la France prendra prochainement la présidence de l’Union européenne, elle demande au président de la République de sortir du "discours paradoxal" et d’"associer les organisations représentatives à un travail d’étude et d’harmonisation pour un vrai système de santé européen de qualité".

Le président de la CPH, Pierre Faraggi, a indiqué que les deux intersyndicats étaient favorables à la réforme, notamment à la mise en place d’un pilotage régional unifié entre l’hôpital, la ville et le médico-social et à une vision territoriale de la planification hospitalière.

Il a néanmoins mis en garde sur le fait que "mettre l’hôpital en révolution permanente" conduira à désorganiser le fonctionnement des équipes, alors que dans le même temps, l’hospitalisation privée pourra développer ses parts de marché.

Il a fait état de "grandes difficultés pour trouver des interlocuteurs fiables pour faire avancer les dossiers".

Pierre Faraggi a indiqué qu’il partagera sa "colère" avec ses adhérents et prévoit de faire entendre la voix des praticiens hospitaliers "à la rentrée".

Il a notamment rappelé l’inquiétude des praticiens sur la création d’un nouveau statut à valences et d’un nouveau statut contractuel, l’absence de concrétisation des engagements pris pour les praticiens à temps partiel et les propositions "extrêmement menaçantes pour le niveau de retraite, en particulier pour les jeunes praticiens" de la réforme de l’Ircantec (Institution de retraite complémentaire des agents non titulaires de l’Etat et des collectivités publiques).

Le président du Syndicat des praticiens des hôpitaux publics (SPHP, affilié à la CPH), Bruno Devergie, a appelé à un "vrai débat public" sur l’hôpital et à une réflexion sur l’exercice médical afin que la réforme ne soit pas un échec.

Le président du Syndicat national des praticiens hospitaliers anesthésistes-réanimateurs (SNPHAR, affilié à l’INPH), Michel Dru, a par ailleurs indiqué qu’il organisera une journée sur la pénibilité au travail jeudi 26 juin, à laquelle s’associeront la CPH et l’INPH.



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