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On va dans le mur : qui klaxonne ?
jeudi 15 novembre 2007
Par François Douchain

La République garde ses traditions : chaque gouvernement ou législature s’accompagne d’une « réforme hospitalière », même en l’absence d’alternance politique…

Le Président de la République vient d’annoncer les grandes orientations qu’il compte donner à la politique hospitalière pour son quinquennat.

Une commission, présidée par l’ancien Ministre, Gérard Larcher, est chargée de réfléchir durant l’hiver. N’attendons pas trop de ces réflexions qui apporteront plus d’esthétisme que de réorientations à la direction impulsée : les grandes lignes politiques ont été données dans le discours présidentiel de Bordeaux du 16 octobre 2007.

Faisons, pour une fois, passer les conséquences financières avant les statutaires.

En persistant dans la voie du « tout T2A » et en annonçant simultanément des restructurations, on perçoit que ces dernières seront basées sur des considérations financières prenant le risque d’occulter soit des zones géographiques, soit certains domaines de la santé publique. On perçoit bien que le choix du levier financier fera fi des influences politiques locales, justifiées dans certains cas, beaucoup moins dans d’autres. Les chiffres vont donc être chargés de supplanter lettres et discours : dur à avaler pour notre culture latine.

Le drame, c’est que la T2A ne peut être reconnue comme au-dessus de tout soupçon d’équité : seul le discours de la pensée unique dominante en est convaincu, alimenté par les éternels thuriféraires de chaque réforme.

Ne croyons pas trop aux gains de productivité induits par les réorganisations internes annoncées comme solutions miraculeuses, alors que la structure organisationnelle s’alourdit toujours un peu plus à chaque réforme. Analysons plutôt les coûts réels et non estimés des contraintes imposées au secteur hospitalier public :

- prises en charge des âges extrêmes ;
- permanence d’accueil et de soins ;
- coûts de l’enseignement et des nouvelles médications ou technologies ;
- non prise en compte des rémunérations des médecins dans le secteur de l’hospitalisation privée à but lucratif, alors que l’on souhaite la comparaison entre les deux…

En affirmant le principe de la mise à niveau financière de tous les établissements pour la fin de son quinquennat, alors qu’un nombre de plus en plus important de ces établissements est entré ou engagé sur la voie du déficit, le Président de la République annonce en fait un chamboulement de l’offre hospitalière.

Il y a tout lieu de croire ce qu’il dit et de ne pas négliger sa volonté de laisser une trace dans l’Histoire en faisant fi des contingences ou résistances, sauf si le bouleversement climatique qu’il annonce s’accompagne d’un dégel social majeur.

C’est son métier d’en mesurer les risques mais il semble qu’il ait choisi.

Nous allons probablement dans le mur, mais qui klaxonnera à temps ?

C’est ainsi que des époques se finissent et que d’autres commencent.

Essayons néanmoins de préserver dans l’hospitalisation publique ce qui en a toujours fait la grandeur et la dignité.

Dr François DOUCHAIN



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