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Une réforme inutile
mercredi 12 avril 2006

Présenté comme le dernier acte logique de la mise en place de la nouvelle gouvernance, ce projet qui met les PH en situation de sujétion vis-à-vis de l’autorité administrative locale, modifiant radicalement la place du médecin à l’hôpital, apparaît bien mal argumenté :

- D’abord, on ne trouve aucune légitimité et aucune pertinence à ce qu’un Directeur affecte un médecin dans telle ou telle partie de son hôpital. Ce n’est pas de sa compétence.
- On ne comprend pas mieux comment, après avoir mis en avant la notion de " responsabilité ", il faudrait maintenant placer les médecins sous tutelle, à moins de les considérer au mieux comme de grands enfants.
- L’argument du gain de souplesse apporté par cette disposition porte totalement dans le vide devant des mutations organisées plusieurs fois dans l’année avec des procédures simplifiées et accélérées par la création du Centre National de Gestion.
- La mesure n’est certainement pas de nature à renforcer le lien entre l’hôpital et les médecins, comme le prétendent nos Directeurs qui, en vrais managers, feraient mieux de prendre en compte l’opinion unanime des PH.
- C’est même strictement l’inverse : l’engagement du médecin à l’hôpital repose tout au contraire sur l’aménagement de ses conditions de travail, le respect de ses positions déontologiques, éthiques et de ses choix médicaux. Sinon, quel intérêt trouverait-il à y demeurer, au regard de revenus bien inférieurs à ceux du secteur libéral ?

Dans la situation de crise économique inéluctable du monde hospitalier qui commence déjà, l’indépendance du médecin est le meilleur garant contre les dérives et les pressions de toute sorte qui vont s’exercer sur lui.

Alors, pour en arriver à décider de faire marcher l’hôpital à l’envers, contre l’avis de ceux qui en sont les premiers artisans, il faut de bonnes raisons. Il est clair qu’il s’agit de mettre au pas les PH et de réduire leur espace de liberté sous de faux arguments. C’est la conjonction de la tétanisation de nos politiques devant les dépenses de santé et de l’esprit revanchard de nos administratifs qui alimente en réalité ce projet. S’il en était autrement, on ne voit pas bien pourquoi notre administration y tiendrait tant. Car l’essentiel de la gouvernance est en place et cette mesure n’est nullement nécessaire à son aboutissement. C’est même un paradoxe absurde que de parachever cette modernisation de l’hôpital par une bureaucratisation d’un autre âge. Un tel choix de management autoritaire et bureaucratique pour l’hôpital n’est non seulement pas courant (bizarrement aucune allusion aux habituelles comparaisons européennes n’est produite) mais il est complètement inadapté à la structure même de l’organisation hospitalière.

Faisons donc comprendre à ceux qui veulent à ce point nous diriger que la bonne marche de l’hôpital repose avant tout sur ses praticiens, et que l’hôpital ne sera performant qu’avec un fonctionnement collégial et consensuel qui respecte l’équilibre des places des uns et des autres et que l’administration n’est là que pour faciliter la mise en œuvre des missions qui nous sont confiées.

Notre volonté et notre détermination de ne pas céder sur un point clé, qui au-delà de son impact réel porte en lui-même une dimension symbolique, doivent être clairement affichés. Il est nécessaire que le 11 mai soit l’occasion d’une grève sur la journée entière, et que nous recherchions très vite, en fonction des disciplines, des mesures de blocage avec ralentissement de l’activité aux incidences financières directes. Nous verrons bien alors qui fait marcher l’hôpital !

Sans retrait de la procédure d’affectation, grève des PH sur toute la journée du 11 mai suivie d’actions prolongées



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