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Rentrée syndicale : interview de P. Faraggi au Quotidien du médecin
vendredi 23 septembre 2005

Rentrée syndicale à l’hôpital
Le Dr Faraggi (CHG) : nous devons participer aux négociations sur le statut des PH

Le Quotidien du Médecin 19 09 2005

Le Dr Pierre Faraggi, qui préside la Confédération des hôpitaux généraux (CHG), est furieux de se retrouver écarté des discussions relatives au statut des praticiens hospitaliers. Certes, la CHG, comme l’Inph, n’a pas signé le protocole d’accord de mars dernier. Mais le bon score de la CHG aux élections professionnelles lui donne une légitimité pour prendre place à la table des négociations, estime le Dr Faraggi, prêt à faire quelques concessions, à une exception : que soit respectée l’indépendance professionnelle des PH. Sans quoi, la mobilisation sera générale, prévient-il.

LE QUOTIDIEN - Les résultats enregistrés par la CHG aux élections professionnelles vous donnent-ils satisfaction ?

Dr PIERRE FARAGGI - Nous avons obtenu de bons résultats. On se retrouve à 35 % des PH temps plein, et plus de 50 % sur les temps partiels. Ces chiffres sont incontestables ; sur les PH, nous sommes donc la première organisation.

Comment abordez-vous l’automne sachant que la CHG n’est pas conviée au ministère à la série de discussions qui repartent sur le statut des PH ?

Nous sommes absolument scandalisés. Les pouvoirs publics qui ont signé un accord au mois de mars ne pouvaient pas imaginer que les organisations signataires [la CMH et le Snam-HP, ndlr] ne représenteraient qu’une minorité de PH. Mais les élections sont passées par là. Et il me semblait que, à moins d’être dans le déni de démocratie, les choses ne pouvaient pas continuer comme ça. Donc, quelle n’a pas été notre surprise quand, lors d’une rencontre avec Jean Castex [directeur de la Direction de l’hospitalisation et de l’organisation des soins, ndlr], à la fin du mois d’août, il nous a dit que notre intégration dans le groupe de travail statutaire, que nous avions demandée à Xavier Bertrand en juin, n’était pas encore arbitrée. Des réunions commencent à se dérouler sur l’application des mesures décidées en mars, et que nous avions dénoncées, concernant les astreintes et la part variable. Sans nous : ça ne me paraît pas normal.

Plus important encore, un deuxième niveau de discussions va commencer fin septembre. Il concerne la gestion du corps des PH et le mode de nomination. Si nous n’étions pas conviés, nous trouverions cela encore plus scandaleux ; nous ne resterions pas inertes, il y aurait une réaction forte et un appel à la mobilisation. Les 6000 praticiens que nous représentons ne comprendraient pas que nous soyons exclus de ces négociations ; ou alors, où va-t-on, si on fait des élections et qu’après on n’en tient pas compte ?

La CHG a refusé de signer l’accord statutaire du mois de mars. N’est-ce pas logique qu’elle reste en dehors des discussions désormais ?

Je pense qu’il aurait été de bon ton que les pouvoirs publics prennent en compte les résultats des élections, et que tous les groupes de travail, que ce soient ceux consacrés à la gouvernance ou ceux consacrés au statut, intègrent la totalité des organisations, et en particulier celles qui sont largement représentatives. Faire ce travail sur le statut avec moins de 20 % des praticiens hospitaliers au niveau de la représentation, c’est totalement scandaleux. C’est une position qui n’est pas tenable. Nous sommes vent debout, et tout à fait scandalisés par ce déni de droit. Nous allons donc réinterpeller vigoureusement notre ministre.

Et si la CHG parvient à raccrocher le wagon des négociations statutaires, demanderez-vous la remise à plat de ce qui a été acté en mars ?

Nous ne sommes pas d’accord avec les dispositions signées en mars, mais nous pouvons comprendre que l’on ne va pas reprendre l’ensemble de ces discussions. Nous n’allons pas remettre en cause des accords qui ont été passés, nous les respecterons ; cela dit, il nous paraît indispensable d’être autour de la table pour travailler à la mise en application. Mais c’est aussi notre travail syndical de dire, par exemple, que la revalorisation de l’astreinte à 40 euros, c’est de la rigolade, et que la différence avec les libéraux est tout à fait scandaleuse.

Et quelle sera votre position sur la question de l’indépendance professionnelle, à laquelle vous semblez très attaché ?

Nous refusons absolument que les PH soient dans la main du directeur et du président de CME pour leur affectation. Tout le monde est attaché à une nomination ministérielle et à une affectation ministérielle. Les praticiens, pour bien faire leur travail, ont besoin d’avoir une certaine liberté de parole, d’expression, d’action. Cette marge de manœuvre est amputée par une dépendance à quelqu’un qui nomme ou quelqu’un qui renouvelle. C’est le point le plus crucial à mon sens. Nous avons déjà saisi le Conseil de l’ordre sur cette question de notre indépendance professionnelle, qui avait émis un certain nombre d’inquiétudes. Nous avons recontacté Jacques Roland, le nouveau président ; nous ne l’avons pas encore rencontré, mais cela ne saurait tarder.

Xavier Bertrand dirige le ministère de la Santé depuis une centaine de jours. Estimez-vous, comme certains, qu’il ne se préoccupe pas assez de l’hôpital ?

A cent jours, je ne souhaite faire aucun procès a priori à notre ministre. Mais la première des choses, c’est quand même de respecter les organisations professionnelles et de savoir les réunir, surtout quand il y a problème. Si dans les quinze jours, nous n’avons pas de réponse précise à l’ensemble de nos questions, nous aurons sans doute des réactions et des commentaires infiniment plus critiques. Le contact avait été bon lors de notre première rencontre en juin ; il nous avait alors dit, en essayant de prendre le contre-point de son prédécesseur : « Moi, ce que je vous dis, je le ferai. » Nous attendons des actes.



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