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Hôpital sous ordonnances : la réforme qui tue
vendredi 29 avril 2005
Lettre ouverte à Monsieur Philippe DOUSTE BLAZY

Chacun le sait bien : victime de son succès, l’hôpital n’a plus les moyens d’assurer correctement ses missions. Il dysfonctionne. Devant ce constat partagé et depuis votre prise de fonction, les praticiens hospitaliers de terrain que nous sommes ont tout fait pour vous convaincre d’apporter les réponses les plus adaptées aux difficultés que connaît l’hôpital public depuis tant d’années.
Aujourd’hui, notre déception est à la mesure de tous ces efforts qui sont restés vains. Bien que représentatifs de la moitié des praticiens hospitaliers, nous n’avons pas été entendus.

- Dans la lignée de votre prédécesseur, vous avez d’abord voulu révolutionner le financement des hôpitaux : donner plus à ceux qui travaillent plus, et moins à ceux qui travaillent moins : qui pouvait raisonnablement s’opposer à un tel bon sens, au moins apparent ?
Dans les faits, les choses s’avèrent beaucoup plus complexes et cette nouvelle tarification à l’activité, très mal préparée, se révèle de jour en jour plus inapplicable. A tel point que même les administrateurs les plus chauds partisans de cette réforme demandent grâce et alertent les parlementaires devant l’impossibilité d’entrer en cohérence avec la nouvelle procédure budgétaire. Du jamais vu !
Mais en attendant, ne cachons rien au malade : vous avez mis tout l’hôpital à genoux, en le laissant au strict REGIME SEC.

- Comme l’avait voulu votre prédécesseur, vous vous êtes attelé à la réforme de notre gouvernance, selon ce joli mot désormais galvaudé. Choisissant la voie de l’ordonnance vous êtes sur le point de la promulguer après deux années d’attente qui ont suscité finalement plus d’inquiétude que d’espoir. Tout ça pour que strictement rien de concret ni de positif n’émerge dans le champ de notre pratique soignante. Bien au contraire, on joue gribouille, et si vos tergiversations ont pu faire un moment illusion, rien ne s’améliore véritablement dans les hôpitaux, ce que confirment les expérimentations de la réforme. Ce temps précieux qui a été perdu aurait certainement été plus judicieusement employé à l’organisation d’un vrai débat parlementaire aboutissant à l’élaboration d’une vraie loi plus consensuelle et mieux adaptée aux maux de l’hôpital.

- A l’instar de vos prédécesseurs, vous voulez maintenant transformer radicalement le statut des médecins qui ont fait le choix de l’hôpital public. Rien d’étonnant à cela finalement, puisque l’ensemble de cette réforme du plan hôpital 2007 conduit inexorablement à faire de l’hôpital public une entreprise de production de soins à caractère privé, à laquelle des missions seront confiées. Cette bascule aura pour principale conséquence de limiter encore davantage l’indépendance professionnelle des praticiens, jugés irresponsables mais chargés malgré eux de la mise en application de contraintes purement économiques, alors que son unique justification serait de demeurer au seul service médical du patient.

Quel gâchis !
Les services d’accueil et d’urgence sont débordés et ne trouvent plus de lits pour héberger leurs patients, les services spécialisés sont tiraillés, désorganisés, tout en s’efforçant d’assurer la qualité justement réclamée par l’usager et sa famille, la population vieillit et réclame davantage de soins, la crise sociale jette, plus que jamais, toutes les détresses à l’hôpital... Et nos ministres successifs se consacrent, avec plus ou moins de bonheur, à la communication, aux effets d’annonce, aux plans mirobolants porteurs de milliers d’Euros, d’autant plus évanescents qu’ils étaient apparus ambitieux.

Monsieur le ministre, quand pourrons nous espérer le simple retour à la réalité ?

Quand cesserez vous de traiter avec désinvolture l’opinion des praticiens hospitaliers et notamment celle des 5500 d’entre eux qui vous ont adressé une pétition ?

Comme l’immense majorité des praticiens, ils n’ont pourtant qu’un souhait : pouvoir continuer à exercer leur métier et à soigner le mieux possible les patients qui font toujours confiance à l’hôpital public.

Dr P. Faraggi
Président du SPH

Dr G. Eschemann
Président de la FNAP

Dr G. Pinon
Président du SNBH

Dr M. Vignier
Président du SNMARHNU

Dr G. Cousin
Président du SYNGOF

Dr P. Staël
Président du SPF

Dr P. Pelloux
Président de l’AMUHF

Dr B. Dervergie
Président du SNPH-CHG

Dr F. Douchain
Président de l’UPHP

Dr P. Paresys
Président de l’USP



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