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La CHG prend la tête du mouvement contestataire à l’hôpital
lundi 29 mars 2004

Le Dr Pierre Faraggi entend remobiliser les troupes

Le président de la Confédération des hôpitaux généraux (CHG), le psychiatre Pierre Faraggi, explique dans un entretien avec « le Quotidien » pourquoi il maintient son opposition au plan Hôpital 2007, et aborde la question de possibles recompositions syndicales, après l’adhésion de l’Inph (Intersyndicat des praticiens hospitaliers) à la réforme de la gouvernance hospitalière.

LE QUOTIDIEN - Maintenant que l’Inph a signé, la CHG est désormais le seul des quatre intersyndicats de médecins hospitaliers à s’opposer à la réforme de la gouvernance. Pourquoi maintenez-vous cette ligne ?

Dr PIERRE FARAGGI - A la CHG, nous avons décidé de garder le cap des positions adoptées il y a plusieurs mois. Nous continuons à penser que la nouvelle organisation interne des hôpitaux va détériorer la place du médecin à l’hôpital, en donnant la priorité à la gestion. Cela nuira forcément à la qualité des soins, et cela dissuadera les jeunes praticiens de venir à l’hôpital. Je le dis, et je le répète : le plan Hôpital 2007 ne convient pas à l’hôpital que nous connaissons en 2004. D’autres syndicats de médecins hospitaliers se retrouvent dans ces orientations. C’est ce positionnement clair, cohérent, de défense d’un service public de qualité et d’une certaine place du médecin à l’hôpital, qui a conduit l’Amuhf et quatre syndicats affiliés à l’Inph, qui ne se reconnaissent pas dans la signature du relevé de conclusions sur la gouvernance, à nous rejoindre. Nous nous sommes associés pour demander l’arbitrage du Premier ministre.

Pourquoi interpeller Matignon ?

Tous nos messages d’alerte restent sans réponse, et lundi, lorsque Jean-François Mattei m’a reçu dans le cadre de la réforme de l’assurance-maladie, il n’a pas du tout été question de la réforme de l’hôpital. Nous demandons l’arbitrage du Premier ministre parce que le ministre de la Santé ne nous entend pas, et aussi parce qu’il y a urgence. Nous craignons que le ministère de la Santé passe en force sur son projet de nouvelle gouvernance des hôpitaux par le biais d’une ordonnance, si la loi l’y autorise. Nous avons une épée de Damoclès au-dessus de la tête, le calendrier se resserre. C’est pourquoi nous (la CHG, l’Amuhf et quatre syndicats membres de l’Inph*) avons adressé un courrier il y a une semaine à Matignon, en demandant à être reçus directement par Jean-Pierre Raffarin. Si nous parvenons à lui exposer nos griefs à propos du plan Hôpital 2007, nous espérons qu’une partie au moins de notre argumentation pourra être reprise. A ce jour (c’est-à-dire mercredi, ndlr), nous n’avons pas reçu de réponse.

Comment va évoluer le rapprochement entre ces diverses organisations ?

Il est trop tôt pour le dire. L’Amuhf a déjà, ou est sur le point, de quitter la CMH. Les quatre autres veulent d’abord clarifier la situation au sein de l’Inph, où le malaise est très fort, avant d’en partir. Les remaniements se décideront en fonction des prises de position qu’adoptera le conseil d’administration de l’Inph, qui doit être convoqué avant la fin du mois. Ce n’est qu’après que nous appellerons au besoin à une recomposition syndicale. Ce qui importe aujourd’hui, c’est que nos organisations, qui représentent pas loin de 50 % des médecins, se trouvent associées pour interpeller les pouvoirs publics.

Les syndicats de médecins et de personnels opposés au plan Hôpital 2007 se sont réunis mardi. Avez-vous planifié de nouvelles actions ?

Nous n’avons pas fixé de date pour une journée de grande ampleur au début d’avril, car les syndicats de la fonction publique hospitalière veulent attendre les résultats du second tour des élections. Cela dit, certains syndicats ont annoncé leur intention de participer les 2 et 3 avril aux Journées européennes de défense du service public. Mardi, nous avons tout de même décidé d’envoyer un communiqué commun en direction de tous les professionnels de l’hôpital, médecins, agents et directeurs : la plupart de nos collègues ont du mal à lever le nez du guidon, nous allons les informer et leur expliquer les effets pervers du plan Hôpital 2007.

Ne craignez-vous pas un essoufflement de la mobilisation ?

Nous sommes conscients d’être minoritaires actuellement. Mais nous espérons bientôt être rejoints par d’autres praticiens, qui se rendront compte des aberrations d’Hôpital 2007 quand les expérimentations sur la gouvernance débuteront. Cela peut ranimer la mobilisation. Il s’agit d’un combat majeur avant le passage au Parlement du projet de loi habilitant les ordonnances. L’effort de mobilisation des hospitaliers, le lobbying auprès des députés, à qui nous allons écrire pour les mettre en garde contre ce projet de loi sont essentiels. Ensuite, on verra bien sur le terrain ce qui pourra s’appliquer. Je pense que notre position sera reconnue comme ayant défendu une bonne orientation. C’est aussi un pari sur l’avenir.

PROPOS RECUEILLIS
PAR DELPHINE CHARDON

* Amuhf : Association des médecins urgentistes hospitaliers de France.
Snph-CHG : Syndicat national des praticiens hospitaliers des hôpitaux généraux.
Unsmhp : Union nationale des syndicats de médecins des hôpitaux publics.
CFE-CGC : Union syndicale CFE-CGC des médecins hospitaliers et hospitalo-universitaires.
Snpeh : Syndicat des pédiatres des établissements hospitaliers.

Le Quotidien du Médecin du : 26/03/2004



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