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Hôpital : silence ? Appel à la mobilisation !
lundi 3 novembre 2003

« Hôpital 2007 est le chantier que nous percevons comme le plus ravageur, bien sûr pour notre statut et la place du médecin à l’hôpital mais surtout vis-à-vis de la fonction soignante, de la mission de soin de l’hôpital qui doit rester nécessairement médicalisée. Si nous laissons faire, la bureaucratie aura définitivement réglé son compte à toute velléité d’initiative, d’indépendance médicale »

Cela, nous vous l’écrivions début mai. Nous pouvons malheureusement vous confirmer aujourd’hui combien cette analyse était juste : fin juin, on le voyait déjà clairement avec le plan Mattei qui validait pour l’essentiel les propositions de la mission Perrin, Debrosse, Vallancien. Nous le vérifions aujourd’hui à chaque réunion des groupes de travail ministériels : là, le choc est frontal entre les tenants de la « nouvelle gouvernance » que sont d’un côté la Fédération Hospitalière de France, le Syndicat National des Cadres Hospitaliers et la Direction des Hôpitaux contre l’avis des professionnels de terrain, syndicats de personnel et intersyndicats médicaux de l’autre. Car il s’agit bien, pour les premiers, de mettre fin à la relative indépendance des médecins, d’en supprimer les signes et les points d’appuis que représentent l’influence des CME, la nomination ministérielle des praticiens et le rôle propre du chef de service dans l’organisation des soins. Il s’agit bien de la mise en place déterminée d’une procédure d’assujettissement contractuel et hiérarchique et de subordonner les respon-sables médicaux, leurs orientations et leurs attributions à l’ordre administratif.

Pour illustration, le projet de « Comité de direction » d’hôpital 2007 consiste à mettre les leviers de commande de l’hôpital, tous les leviers, entre les mains de quelques-uns, le directeur essentiellement et quelques médecins cooptés par ses soins. Le pilotage stratégique, les options budgétaires, le règlement intérieur, le périmètre des organisations de soin, le recrutement des médecins, tout cela serait décidé par ce comité. La CME, remise ainsi en question dans sa légitimité de représentation et de compétence, verrait son rôle considérablement réduit. De même pour le Conseil d’Administration. Bien entendu, cette prise de pouvoir, ce coup de force, s’effectuent au nom de la modernité, d’un management éclairé et de la prétendue responsabilisation de tous les acteurs dont l’amendement « liberté » représente le plus bel avatar !

Nous pensons que l’hôpital public et ses médecins qui n’ont en rien failli à leurs missions, ne méritent pas un tel traitement. Nous croyons que l’avenir de l’hôpital public ne peut pas se construire dans un climat de défiance vis-à-vis du corps médical et par une extension masquée du processus bureaucratique, en réalité déjà responsable de la situation de crise dans laquelle nous sommes, mais qu’il passe au contraire par la reconnaissance de l’indépendance profes-sionnelle de ses principaux acteurs et de leur capacité à piloter médicalement l’institution hospitalière. Nous ne nous laisserons pas prendre au miroir aux alouettes d’une médicalisation des processus de gestion au travers des pôles, quand c’est une stratégie globale de démédicalisation qui en réalité est à l’œuvre.

Alors, à la CHG, nous avons décidé de rompre le silence et de nous y opposer de toutes nos forces. Nous ne serons certainement pas les seuls et nous saurons œuvrer pour rassembler avec nous tous les syndicats de personnel, les intersyndicats et tous les praticiens.

Soyons clairs : jamais encore le risque d’une perte radicale de la place du médecin à l’hôpital n’a été aussi grand. A vous aussi de le dire, de le faire comprendre. A vous dans vos régions de vous mobiliser, de vous réunir et de faire savoir votre franche opposition. Mais le temps presse, la réforme a été initialement prévue à la fin de l’année. Prenons rendez-vous tous ensemble.

Nous vous appellerons par voie de presse à exprimer avec force notre refus lors d’une Journée nationale d’action et de mobilisation au tout début du mois de décembre

G. Eschemann, Ch. Linget, M. Vignier
P. Faraggi



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