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Un entretien avec le président de la Confédération des hôpitaux généraux
jeudi 14 novembre 2002

RTT à l’hôpital : les solutions envisagées sont « catastrophiques », affirme le Dr Faraggi

D’accord avec l’audit sur les 35 heures à l’hôpital pour dire que l’institution sort sinistrée de la RTT (« le Quotidien » d’hier), le Dr Pierre Faraggi, président de la CHG (Confédération des hôpitaux généraux), s’en démarque quand il s’agit de proposer des solutions d’aménagement.

LE QUOTIDIEN
L’hôpital est-il aussi mal en point que ce que dit l’audit remis à Jean-François Mattei (le « rapport Piquemal ») ?
Dr PIERRE FARAGGI
L’institution est effectivement en mauvaise posture, subissant la conjugaison de ses difficultés budgétaires, de celles liées aux démographies professionnelles et aux atermoiements divers des pouvoirs publics.
Les 35 heures ont abouti, dit-on, à une diminution de l’offre de soins. Au point de faire apparaître en France des files d’attente de malades ?
La situation est assez différente de celle que l’on connaît, par exemple, outre-Manche. Là-bas, des interventions qui peuvent relever de l’urgence relative sont différées au-delà du raisonnable. Je ne crois pas que nous courons ce risque. Il est en revanche tout à fait évident que les personnels et les médecins qui prennent leurs jours de RTT (réduction de temps de travail, ndlr) causent un surcroît de travail à ceux qui restent dans les services. De ce fait, des patients qui pouvaient espérer obtenir un rendez-vous de consultation dans un délai d’un mois attendent peut-être une fois et demie ou deux fois plus. Pour l’activité programmée, il y a bien évidemment des effets de cet ordre. Alors à partir de quel moment on peut parler de file d’attente...
Le rapport Piquemal vous pousse-t-il à l’optimisme ou bien au pessimisme pour la suite des 35 heures à l’hôpital ?
Je suis absolument catastrophé. Il me semble en particulier que, en ce qui concerne la RTT des médecins, la mission a tout faux et commet des erreurs gravissimes. Même si elle a par ailleurs bien travaillé dans le temps qui lui était imparti et bien mis en évidence la souffrance de l’institution, la fatigue paradoxale de ses personnels.
Que lui reprochez-vous précisément ?
Pour l’attribution des moyens d’accompagnement de la RTT, la mission donne par exemple une priorité dite « médico-légale » aux services à activité continue. Je récuse cela. La dimension médico-légale s’applique à toutes les activités de l’hôpital. Et puis les rapporteurs en prennent à leur aise en disant que les établissements n’ont pas su mener à bien les réorganisations qui s’imposaient. Enfin ! Les hôpitaux attendent encore les prescriptions réglementaires nécessaires ! On vient de passer un an à ne pas distribuer les postes créés en 2002 au titre de la RTT ! C’est une défaillance du pilotage et pas autre chose.
Quelles sont les pistes d’aménagement qui vous hérissent le plus ?

Nous sommes heurtés par la mention du décompte horaire du temps de travail des médecins hospitaliers. Il s’agit d’un point extrêmement sensible. Les pouvoirs publics se sont engagés à conserver le calcul en demi-journées. Et puis nous serons extrêmement vigilants pour que, en matière de plages additionnelles de travail (nécessaires compte tenu de la démographie médicale pour accompagner le 1er janvier prochain l’intégration de la garde dans le temps de travail), on reste sur la base du volontariat. Car il me semble que, à plusieurs reprises, la mission sous-entend que ce volontariat pourrait être remis en question. Le rapport défend enfin le scénario d’un hôpital-entreprise, surencadré par ses managers et où les producteurs de soins sont encore une fois pressurés. Il a tout faux. L’hôpital manque de médecins. La crise des vocations tient essentiellement à la déterioration de la place du médecin.
Jean-François Mattei présente le 20 novembre en Conseil des ministres les grandes lignes d’Hôpital 2007. Qu’attendez-vous de ce plan ?
Les gros retards des établissements en termes de réorganisation des structures, d’investissement hospitalier... ont déjà été évoqués. A ce sujet, les problèmes des CHU sont d’ailleurs toujours mis en avant. Mais dans les hôpitaux généraux et dans les centres spécialisés, il y a aussi des problèmes considérables. Ne serait-ce qu’au chapitre de l’environnement technique et hôtelier, les besoins sont énormes si l’on veut prétendre à la qualité. Le plan proposé par le gouvernement est donc bienvenu. La suite nous dira s’il sera suffisant.
Propos recueillis
par Karine PIGANEAU



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